Suite à la formation du projet CAIPIM organisée au bénéfice des gestionnaires des sites pilotes partenaires en février à Monastir (Tunisie), le projet peut désormais entrer sa phase de déploiement opérationnel sur le terrain. Plusieurs missions dédiées ont eu lieu depuis pour accompagner les partenaires dans la phase de mise en œuvre : du Cap Vert à la Corse, en passant par Minorque, la Grèce, le Monténégro ou le Maroc, la communauté fédérée autour du projet, est pleinement mobilisée !

CAIPIM « Connaître, Agir et Innover pour Protéger les Petites îles de Méditerranée et de Macaronésie », vise à évaluer et limiter les impacts des changements globaux sur les petites îles de Méditerranée et de Macaronésie, en démontrant le rôle crucial de ces micro-espaces insulaires pour la biodiversité. Il s’appuie pour cela sur 7 protocoles standardisés de suivis terrestres et marins. Sur terre, ils visent à surveiller les changements climatiques via l’installation de micro-capteurs, la présence de déchets dans les nids d’oiseaux marins, cartographier les habitats et la végétation pour surveiller leurs évolutions, identifier les éventuelles espèces exotiques et envahissantes, ainsi que recenser le patrimoine historique et culturel pour analyser sa vulnérabilité. En mer, il s’agit de repérer les zones de nurseries privilégiées pour les juvéniles de poissons, mais aussi de capturer les post-larves à des périodes permettant de donner des indications sur les espèces présentes aux abords des îles, ainsi que sur leur abondance.

Autant de protocoles proposés dans la première phase du projet, qui ont pu être déployés à l’occasion de plusieurs missions terrain en Méditerranée et en Macaronésie depuis début 2026, conjointement menées par Initiative PIM et le Conservatoires du littoral, en étroite collaboration avec les gestionnaires locaux :

Cap Vert – Boa Vista (14-22 mars 2026)

Une mission d’état zéro des connaissances sur les petites îles satellites de Boa Vista a réuni une équipe pluridisciplinaire composée de membres de l’équipe PIM et d’une dizaine d’experts (botanistes, herpétologues, mammalogiste ornithologues,…), avec l’appui des partenaires locaux de l’association Bios.CV. Des prospections ont été menées sur les îlots de Sal Rei, Passaros, Baluarte et Curral Velho, permettant de constituer des listes d’espèces pour la flore et l’herpétofaune, de cartographier les habitats et d’acquérir des données sur l’entomofaune. Plusieurs protocoles CAIPIM ont également été lancés : recensement visuel des macrodéchets dans les nids de Fous bruns sur Passaros, protocole ALeRT sur le fort de Sal Rei, repérage des zones de nurseries de poissons autour de Sal Rei, et recherche de la présence de mammifères introduits. Si aucun rongeur n’a été capturé lors du piégeage, des indices de présence ont été relevés, tandis que les caméras-pièges ont révélé une forte présence de chats. Les prochaines étapes du projet permettront de préciser les enjeux liés à ces espèces introduites et de proposer des pistes de gestion. La mission a également été l’occasion de renforcer les partenariats locaux et de sensibiliser les élèves de l’école française de Sal Rei aux enjeux de conservation des îles.

Grèce – Didimi (Syros, Cyclades) (20-24 avril 2026)

Les partenaires de NECCA (Natural Environment & Climate Change Agency, Grèce), gestionnaires de l’île de Didimi dans les Cyclades, se sont rendus sur le terrain en avril afin de lancer les protocoles CAIPIM, accompagnés d’un expert botaniste. La mission a permis d’installer avec succès les capteurs micro-climatiques, d’effectuer le recensement des déchets dans les nids de Goélands leucophée, d’inventorier le patrimoine culturel et de réaliser le protocole AleRT, de recenser les espèces exotiques et envahissantes et de cartographier les habitats terrestres. Le lancement du suivi CARE des post-larves de poisson a également permis d’acquérir des premières données.

Maroc – Archipel d’Essaouira (25-30 avril 2026)

Aux côtés de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts du Maroc (ANEF) et du Conservatoire du littoral, les partenaires scientifiques et gestionnaires du site pilote d’Essaouira se sont rendus sur l’archipel au mois de mai. Trois objectifs ont guidé cette mission sur le site qui accueille la plus grande colonie de Faucons d’Eléonore du monde : évaluer l’impact du lapin et confirmer l’absence d’autres mammifères introduits susceptibles de compromettre la nidification, recenser le Goéland leucophée dont les effectifs croissants sont un indicateur de la gestion des déchets sur le continent, mais aussi recenser la population de Grand Cormoran marocain (sous-espèce endémique marocaine), et enfin déployer les protocoles CAIPIM terrestres sur ce site sentinelle. Cette mission a également permis la signature de la convention de coopération entre PIM, le Conservatoire du littoral, l’ANEF et l’association Initiative Bleue Maroc.

Espagne – Île de l’Aire (Minorque, Baléares) (10-13 mai 2026)

Initiative PIM et le Conservatoire du littoral ont effectué une mission conjointe de suivi du site pilote de l’île de l’Aire, qui a notamment abouti à la signature d’une convention de coopération avec la Conselleria d’Agricultura, Pesca i Medi Natural du gouvernement des Baléares. La visite de l’île a été l’occasion d’échanger avec l’ensemble des acteurs locaux – OBSAM (Observatori Socioambiental de Menorca), SOM, Réserve de Biosphère de Menorca, Menorca Preservation Foundation – autour des actions de gestion et de restauration à engager : gestion de la fréquentation, mise en place de nids artificiels pour les puffins Yelkouan et des Baléares, biosécurité, et lutte contre les espèces invasives. Le protocole CARE de suivi des post-larves de poissons sont d’ores et déjà en cours de déploiement par l’OBSAM.

Monténégro Katič et Stari Ulcinj (11-15 mai)

Une mission d’état zéro des connaissances conjointe entre PIM, le Conservatoire du littoral, les partenaires locaux de la Public Enterprise for Coastal Zone Management of Montenegro (PECZM) et une équipe d’experts a été organisée en mai. Cette mission a permis d’inventorier les îlots pilotes de Katič, Sveta Nedelja et Stari Ulcinj et de compléter les connaissances existantes sur la biodiversité terrestre : avifaune, flore, invertébrés, herpétofaune et mammifères introduits. Les protocoles CAIPIM de micro-climatologie, recensement des déchets dans les nids de Goélands et vulnérabilité du patrimoine bâti AleRT ont également été mis en œuvre avec les rangers de la PECZM.

France – Corse (Réserve de Scandola – Gargalu) (8-11 juin)

En Corse, un capteur microclimatique du projet CAIPIM, a été installé sur l’îlot de Gargalu, au cœur de la réserve de Scandola par les agents du Parc Naturel Régional de Corse en mars. Plusieurs missions d’Initiative PIM début mai et début juin permettent de contrôler le capteur, de poursuivre les connaissances sur la biodiversité de l’île et de déployer les autres protocoles CAIPIM.

France – Grand Rouveau (Var)

Sur le Grand Rouveau, île dont Initiative PIM est elle-même co-gestionnaire, les protocoles terrestres ont été progressivement lancés depuis 2025, ainsi que le protocole CARE sur les post-larves de poisson en mai 2026, marquant un démarrage concret des suivis sur ce site pilote français.

Ces premières missions témoignent de la pleine mobilisation de la communauté CAIPIM. La saison de terrain bat son plein et d’autres missions sont prévues dans les prochains mois. A termes, le déploiement harmonisé de ces protocoles standardisés, répliqués sur les 10 îles actuellement engagée, permettra de consolider nos connaissances sur les impacts des changements globaux sur le patrimoine naturel et culturel qu’hébergent ces écosystèmes précieux.

Pour en savoir plus sur le projet, ses partenaires et ses soutiens financiers : consultez la page web dédiée.