Du 13 au 17 avril 2026, Initiative PIM et le Parc national de Port-Cros (PNPC) ont organisé conjointement une vaste mission d’actualisation des inventaires naturalistes sur les îlots périphériques du territoire du Parc national. Inscrite dans le cadre de la convention de partenariat qui unit les deux structures depuis de nombreuses années, cette opération est renouvelée tous les cinq ans afin de suivre l’évolution de la biodiversité insulaire et d’enrichir les connaissances scientifiques sur ces espaces exceptionnels.

Durant cinq jours, une vingtaine d’experts – ornithologues, herpétologues, botanistes et entomologistes – venus de structures partenaires d’Initiative PIM, parmi lesquelles l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie (IMBE), Agir écologique, Entomia ou encore le Conservatoire botanique national méditerranéen (CBNMed), ont parcouru les îlots de la façade littorale varoise pour inventorier leur faune, leur flore et leurs habitats.

Au total, 18 îlots répartis sur quatre grands secteurs ont été prospectés : la presqu’île de Giens, Port-Cros, Porquerolles et le secteur de Bormes-les-Mimosas. Derrière cette appellation commune d’« îlots » se cache une étonnante diversité de territoires. Certains ne représentent que quelques dizaines de mètres carrés émergés, à l’image de l’îlot des Fourmigues de roche battue par les embruns isolé au large de la presqu’île de Giens. D’autres atteignent plusieurs hectares et abritent une mosaïque de milieux naturels particulièrement riches : forêt, falaises, pelouses littorales, maquis, habitats rocheux, …

Ces îlots présentent également une grande diversité de statuts fonciers et de protection. Certains sont situés au cœur de la réserve intégrale du Parc national de Port-Cros, d’autres appartiennent au Conservatoire du littoral, tandis que plusieurs sont des propriétés privées. Tous constituent néanmoins des refuges précieux pour la biodiversité méditerranéenne.

L’accès à ces territoires parfois escarpés fait partie intégrante de l’aventure scientifique. Selon la configuration des lieux et l’état de la mer, les équipes ont rejoint les îlots en zodiac, en annexe ou en kayak. Certains débarquements ont nécessité de franchir des passages rocheux délicats ou de traverser à pied de courts bras d’eau séparant les îlots du continent ou d’îles plus grandes. Chaque journée combinait ainsi expertise naturaliste et logistique de terrain, dans des conditions parfois exigeantes mais toujours propices à l’observation.

Les prospections ont permis de retrouver de nombreuses espèces déjà recensées lors des précédentes campagnes d’inventaires, confirmant ainsi l’importance de ces îlots pour la conservation de la biodiversité méditerranéenne. Elles ont également révélé plusieurs nouvelles données et permis la découverte d’espèces jusqu’alors non signalées sur certains îlots, témoignant de l’intérêt de poursuivre régulièrement ces suivis à long terme.

Au-delà de l’acquisition de connaissances, cette mission illustre la force du réseau développé autour de la conservation des petites îles méditerranéennes. La diversité des compétences mobilisées a permis d’aborder simultanément plusieurs groupes biologiques et de dresser un état des lieux particulièrement complet de ces territoires insulaires.

Les données collectées au cours de cette semaine de terrain sont actuellement en cours de traitement et d’analyse. Elles viendront alimenter les bases de données du Parc national de Port-Cros et d’Initiative PIM, tout en contribuant à orienter les futures actions de gestion et de conservation. Plusieurs notes naturalistes ainsi que des articles scientifiques sont d’ores et déjà en préparation afin de valoriser les résultats de cette mission et de partager les nouvelles connaissances acquises sur ces îlots remarquables de la Méditerranée française.